27 juin 2009
les chroniques bd de Pénélope Bagieu
J'ai découvert il y a peu sur Madmoizelle ces petites chroniques de l'auteur de Pénélope Jolicoeur et de Joséphine. Il y en a pour le moment cinq, et hormis la dernière qui évoque un livre que j'ai déjà lu, Retour au collège de Riad Sattouf, elles m'ont réellement donné envie de lire les bd présentées.
Voici un lien vers celle où Pénélope Bagieu nous fait découvrir Transat d'Aude Picault, que je me suis empressée d'acheter et que je lis en ce moment :
les autres chroniques bd de Pénélope Bagieu 
17 juin 2009
Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles, de Gyles Brandreth
Un jour en allant donner des cours dans un quartier résidentiel un peu défraîchi du London de 1889, Oscar Wilde découvre un cadavre.
Ce cadavre, c'est celui de Billy Wood, jeune éphèbe pour lequel Oscar Wilde entretenait une profonde affection. Le garçon de seize ans est allongé sur un tapis persan, nu, et sa tête est entourée de chandelles. Le nonchalant dandy décide alors de tout mettre en oeuvre pour confronter l'assassin.
On boit du champagne et l'on se délecte de mets raffinés avec l'écrivain dans les clubs les plus fermés de la capitale britannique, on le suit en cab dans Soho, on rencontre Conan Doyle et on prend le train pour la banlieue londonienne...
Et surtout, comme d'habitude, on ne peut s'empêcher de devancer comme on peut la scène finale du livre en essayant de deviner qui est l'assassin...
Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth,
10/18, collection Grands détectives, Paris, 2009.



Et, par ma fenêtre...

Je grappille un peu de ciel bleu sous le regard bienveillant de la lune.
20 avril 2009
La Castiglione
Lu il y a de cela plus d'un an dans La Casati :
" Une autre Italienne à la grande beauté subjuguait également Luisa. Virginia Oldoini, comtesse de Castiglione*, maîtresse de Napoléon III, était une femme splendide à la magnifique chevelure blonde et aux yeux verts, qui aimait arborer des toilettes ostentatoires, ce qu'elle faisait d'ailleurs avec une certaine provocation lors des nombreux bals costumés qu'elle illuminait de sa présence. Au cours de l'une de ces grandioses festivités toute entière consacrée à cet hédonisme frénétique, elle ordonna que l'on fasse plus de quatre cents portraits d'elle. Les très nombreuses photographies de la Castiglione qui subsistent de nos jours constituent l'un des plus parfaits documents sur la vie de cette extraordinaire courtisane, depuis sa jeunesse, où elle éblouissait la cour impériale par sa beauté, jusqu'aux derniers jours de sa vie, où on la voit obèse, édentée, presque chauve.
* Virginia Oldoini (1837-1899) fut utilisée par Cavour pour obtenir le soutien de Napoléon III dans la guerre antre le Piémont et l'Autriche. L'Empereur succomba aux charmes de la belle Italienne qui, dit-on, jouissait d'une considérable influence à la cour impériale.
Le comte Robert de Montesquiou possédait quatre cent trente-trois photographies de la comtesse de Castiglione. L'ensemble fait maintenant partie des collections du Metropolitan Museum of Art de New-York."



Hier, point de "journée vides-greniers" à proprement parler à cause du temps, mais passage par les deux brocantes les plus proches où un livre m'a d'abord tapé dans l'oeil par sa couverture en toile avec un portrait en médaillon. Il n'est pas très propre, certes, mais sur la tranche je lis "La Castiglione" et je m'en empare.
Ca se lit plutôt bien, j'avais peur que ce soit un peu cul-cul mais c'est finalement assez bien écrit (je ne connaissais pas l'auteur, Alain Decaux). J'aurais aimé qu'il y ait davantage de photos mais j'aime bien la présentation de ce livre qui appartient à la Bibliothèque du Club de la Femme, avec ses petites fleurs, son entretien au début avec l'historien et ses contre-plats à motif dentelle...



La Castiglione, d'Alain Decaux, collection Le Club de la Femme chez Rombaldi, Paris, 1964.
&
La Casati, de Scot D. Ryersson & Michael Orlando Yaccarino, traduit par Guy Leclercq, Assouline, Paris, 2002.
19 mars 2009
Une japonaise à Paris
Cadeau de Monsieur Mien, ce joli livre destiné à cuisiner japonais sans passer quinze ans à chercher certains produits ; j'aime beaucoup la mise en page et les photos :
Une japonaise à Paris de Kaori Endo
avec les photos de Iris L. Sullivan, aux éditions Minerva.
12 novembre 2008
Tamara Drewe de Posy Simmonds
C'est drôle cette expression de "roman graphique". On l'emploie à chaque fois qu'on évoque une bd qui fait plus d'une cinquantaine de page. Kiki de Montparnasse de Catel et Bocquet par exemple, ou encore Blankets de Craig Thompson. J'adore ces deux livres, mais j'ai du mal à les décrire comme des romans graphiques, même si comme un roman ils vous happent et ne vous lâche que plusieurs heures après, même si l'intrigue peut être très alambiquée, même si on a par moment la sensation que le dessin est un moyen avant tout et pas seulement une fin.
Conjuguer roman et dessin, c'est ce que fait pourtant Posy Simmonds. Chaque fois que j'ai lu Gemma Bovery je l'ai fait avec la même avidité ; l'auteur y transposait l'intrigue d'Emma Bovary dans un petit village de la Normandie actuelle, avec ses couples d'anglais qui viennent s'y installer loin des affres de la ville - ou plutôt s'incruster si on s'enquiert de l'avis de certains. J'en avais aimé d'emblée cette couverture aux couleurs douces et éteintes réveillées par le rouge de Gemma, la brève concision des traits et l'humour qui se faisait jour dans le récit des personnages qui devienaient tour à tour narrateurs.
On retrouve dans Tamara Drewe les mêmes ingrédients, et j'ai eu l'impression en m'immergeant dans le livre d'entrer après une longue absence dans une maison qui m'était familière ou de retrouver un ami de longue date.
A première vue les mêmes portraits y sont brossés, à commencer par le cinquantenaire bedonnant, témoin privilégié de relations souvent abîmées entre les individus qui l'entourent et fascinée par une jeune beauté ; la jeune beauté en question que l'on commence par croiser de plus en plus souvent se promenant à travers champ set qui va aux yeux des autres s'immiscer dans la vie de leur petit village, dans leur communauté ; des écrivains venus se réfugier dans ce qu'ils croient être de prime abord un havre de paix, des propriétaires terriens, des jeunes paumés et des femmes trompées. Parce que l'un des personnages centraux de Gemma Bavery et de Tamara Drewe (qui portent, autre point commun, tous les deux le nom d'une jeune femme métamorphosée grâce à un régime draconien ou une opération esthétique), c'est avant tout l'adultère, qui révèle la bassesse de chacun mais donne également lieu à la fragmentation de la petite communauté et aux commentaires les plus mesquins. Une atmosphère malsaine qui aura des conséquences graves : les deux oeuvres se muent alors fatalement en tragédies.
Chaque page est un savant assemblage de cases dessinées, de parties écrites ou de bouts de papier - chroniques de presse people, post-it, feuilles griffonnées au crayon papier et même par-ci par-là quelques textos. Les faits, les sensations et les réflexions parfois les plus intimes et ces petits papiers qui constituent parfois la preuve de la tromperie. Certains moment vont ainsi pouvoir être décortiqués par la multiplicité des points de vue : les pensées des autres ne sont pas forcément celles que l'ont croit, et les choses vont se révéler fragiles, les couples comme les êtres eux-mêmes - que ce soit sur le plan de la confiance en soi et de sa relation à l'autre ou que cela relève du fait d'être en vie, tout simplement, et d'en avoir la maîtrise.
une brève interview de Posy Simmonds sur arte.tv
un aperçu de Tamara Drewe :
[source : guardian.co.uk]
09 septembre 2008
Interview de Margaux Motin
Pour mettre un visage sur un nom, et tout simplement pour le plaisir :
Interview de l'illustratrice Margaux Motin, qui a ouvert un blog il y a quelques mois (j'ai découvert ça il n'y a que peu de temps) et que j'ai connu dans mes tendres et fraîches années (ahah) dans Muteen.
+ une palette graphique, des chaussures et des ravioles de basilic avec sa chiffonade de jambon
05 juillet 2008
Shocking, souvenirs d'Elsa Schiaparelli
J'avais déjà cherché à me procurer des livres sur Elsa Schiaparelli, notamment sur Amazon, et n'ayant pas trouvé son autobiographie, avais donc vite abandonné cette quête. Mais samedi matin, m'étant rendue à la vente de livre d'occasion qui complétait la vente Emmaüs, mon oeil a été attiré alors que je passais en revue les livres de poche par une tranche rose vive, le genre de tranche qui d'habitude augure un livre érotique ou un mauvais auteur pour lequel le seul moyen qu'on ait trouvé de le vendre, c'est d'aveugler le client.
Mais non, je suis restée bête trois secondes, et puis tout d'un coup je me suis dit qu'il fallait vite que je l'attrape pour qu'il soit mien. Béate, je n'ai pas arrêté de me dire que je venais d'assister et de participer à un miracle (quel triste spectacle j'ai dû donner de moi, répétant bêtement pendant une bonne partie de l'heure "c'est fou... un miracle... wouahou...").
J'ai entendu parler pour la première fois de la créatrice Elsa Schiaparelli en lisant le merveilleux livre La Casati :
" [...] On peut accorder [du] crédit aux anecdotes concernant la brève relation entre la marquise et Elsa Schiaparelli, qui possédait une boutique de couture place Vendôme, en face de l'hôtel du Rhin où était descendue la marquise Casati. Schiaparelli devait sa notoriété grandissante à l'invention du "rose shocking" et à ses créations inspirées par les surréalistes et fort appréciées des membres du mouvement de Breton. Ayant appris que la marquise était de passage à Paris, Elsa Schiaparelli demanda à l'une de ses employées de lui rendre visite dans son hôtel avec un cadeau, espérant par ce geste s'attirer une nouvelle cliente. La jeune fille rentra à la boutique et fit un récit surprenant de sa mission. Elle avait trouvé la marquise dans son lit sous une couverture en plumes d'autruches noires, prenant pour son petit déjeuner du poisson frit accompagné de Pernod sec. Tout en déjeunant, elle essayait une écharpe en journal."
Puis j'ai à nouveau rencontré celle-ci aux détours du blog de Rhiannon de LiebeMarlene Vintage (cf. notamment ici, là, là ou encore là).
Le livre qui se trouvait miraculeusement (ça y est, ça me reprend) sur les étagères d'Emmaüs samedi dernier est l'édition originale française de 1954, autrement dit c'est ce livre que les lecteurs ont pu acheter à l'époque où Elsa Schiaparelli a fait publier ses Souvenirs. Il est très abîmé, sent le vieux et je ne l'en adule que plus encore.
Elsa Schiaparelli semble être venue à la mode presque par hasard ; elle a un jour l'idée de faire réaliser des sweaters en trompe l'oeil :
"Le sweater que portait mon amie m'intriguait. Tricoté à la main, il était d'aspect que j'appelle solide. [... il] était décidément très laid de forme et de couleur ; et bien que légèrement élastique, il ne se distendait pas comme les autres chandails.
- Où l'avez-vous acheté ? demandai-je.
- Une petite femme...
La petite femme se trouvait être une paysanne arménienne qui vivait avec son mari. J'allai les voir.
[...]
- Si je vous faisais un dessin, essayerez-vous de le copier ?
- Nous essaierons.
Alors je dessinai un grand noeud en forme de papillon sur le devant, comme une écharpe enroulée autour du cou."
Hand-knit pullover sweater with bowknot,
Novembre 1927,
laine noire et blanche.
Et oui, une preuve de plus que la mode n'est qu'un éternel recommencement.
Elsa Schiaparelli rencontre alors Paul Poiret qui l'encourage et la soutient, et elle commence à se faire connaître grâce à ses sweaters mais aussi à ses robes raffinées et parfois extravagantes ; elle crée notamment des chapeaux en collaboration avec Dali, dont celui-ci qui est sans doute l'un des plus connus :
Shoe Hat, (collaboration avec Salvador Dalí),
hiver 1937-38,
laine feutrée noire.
La maison Schiaparelli s'établit en 1935 au 21, place Vendôme et par la suite Schiaparelli habillera notamment Greta Garbo ou la duchesse de Windsor.

Modèle de Schiaparelli, place Vendôme, Paris, 1949, photographié par Willly Maywald.
Crédits photo: Association Willy Maywald/ADAGP, Paris 2007.
Au fil de la lecture de Shocking, souvenirs d'Elsa Schiaparelli, la créatrice va évoquer, souvent par le biais d'anecdotes plutôt amusantes, des figures telles qu'Orson Welles, Rita Hayworth, Eva Peron, Joan Crawford, Marcel Duchamp, Gabrielle Picabia, Charlie Chaplin, Sartre, Jouvet, Maria Casarès, Vilar, Ingrid Bergman, Ginger Rogers ou encore, bien entendu, Mae West (puisque c'est à partir du moulage du corps de celle-ci que sera créé le flacon du parfum Shocking).
Dans La Casati, Elsa Schiaparelli est à vrai dire évoquée à deux reprises, la seconde fois par le biais de sa petite-fille qui n'est autre que Marisa Berenson, que vous avez pu voir dans Cabaret et, bien sûr, dans le magnifique Barry Lindon :
"Renouant avec des fastes que l'on n'avait pas connus depuis de nombreuses années, le baron Guy de Rothschild donna une grande fête costumée en décembre 1971. Pour cet événement mondain qui célébrait la naissance de Marcel Proust, il fut demandé aux invités d'emprunter la personnalité d'une grande figure contemporaine de l'auteur d'A la recherche du temps perdu. Elizabeth Taylor incarna Ida Rubinstein, l'étoile des Ballets russes, et Cecil Beaton choisit Nadar, le photographe des grands de son temps, tandis que le mannequin et actrice Marisa Berenson, petite-fille d'Elsa Schiaparelli, opta pour une totale fidélité à son modèle : le visage outrageusement poudré de blanc, les yeux lourdement cernés de khôl et les cheveux d'un roux de feu, elle était vêtue de plumes et de fourrures d'un noir d'ébène."
["Remembrance of Things Proust", Vogue (New York, 15 janvier 1972)]



Shocking, souvenirs d'Elsa Schiaparelli, Editions Denoël, Les Presses d'Aujourd'hui, Paris, 1954
&
La Casati, de Scot DRyersson & Michael Orlando Yaccarino, traduit par Guy Leclercq, Assouline, Paris, 2002.
25 mai 2008
Les Souvenirs de Kiki de Montparnassse
J'ai découvert Kiki de Montparnasse il y a bien longtemps, en feuilletant un livre sur les photos de Tina Modotti ; je ne savais pas encore que cette Kiki de Montparnasse avait été la compagne de Man Ray et l'un des modèles les plus demandés du Montparnasse des années 1920-1930, mais j'avais dès lors accroché ce portrait qui m'avait tapé dans l'oeil dans ma chambre. Il y est toujours, accroché à côté de la Marquise Casati de Man Ray, sur laquelle je reviendrai probablement un de ces jours.
C'est donc tout naturellement qu'un jour, chez Gibert à Paris, je me suis offert la bande dessinée réalisée par Bocquet et par l'excellente dessinatrice Catel (fan que j'étais, en plus, de sa série Lucie chez les Humanoïdes Associés), bd qui est devenue l'un de mes plus chers livres de chevet et où l'on peut croiser Kisling, Fujita, le groupe des surréalistes ou encore Modigliani.
Il y a quelques temps, j'ai donc acheté sur Ebay ce livre où Kiki de Montparnasse a consigné ses souvenirs, et sur lequel a sans nul doute dû s'appuyer Bocquet et Catel :



J'en profite pour vous dire que je suis également depuis peu l'heureuse propriétaire d'un ex-libris numéroté et signé de l'oeuvre de Bocquet et Catel, ex-libris qui représente à mes yeux un véritable petit trésor :


J'ai comme qui dirait l'impression, du coup, d'abriter une sorte de petite oeuvre d'art chez moi...
30 juillet 2007
Bouquineries
Quelques livres de ma jeunesse :
- Le nez de la reine de Dick King-Smith
- Les bouquins de J.-P. Arrou-Vignod (ahhh Enquête au collège et Le professeur a disparu...)
- Ceux de Roald Dahl (par contre j'avoue n'avoir jamais lu Charlie et la chocolaterie)
- Le jardin secret de Frances H. Burnett
- la collection du Club des Baby-Sitters !
Quelques écrivains que je lirai encore et encore :
- Simone de Beauvoir pour ses mémoires (et puis avouez qu'avoir à disposition des anecdotes croustillantes et saugrenues sur Castor et sur Sartre pour briller en société, c'est la classeeee)
- Laclos et ses Liaisons Dangereuses
- Gaston Leroux et Maurice Leblanc si j'avais la sensation de pouvoir me le permettre (j'ai presque tous les Arsène Lupin !)
Quelques écrivains que je ne lirai plus :
- Dan Brown (ou quand l'expression péjorative, certes mais justement, de roman de gare prend tout son sens)
- Lolita Pille, dont l'écriture m'a vite, très très vite, insupporté (j'avais essayé de lire Hell, je n'ai pas pu dépasser les 5 pages)
- Paolo Coelho, trop déçue par les 50 premièrs pages de l'Alchimiste pour continuer
Quelques livres que j’adore :
- Jane Eyre
- Un homme qui dort de Georges Perec (une petite larmichette à la fin)
- Venus erotica d'Anaïs Nin
- Sylvie, Octavie, Isis et d'autres encore de Gérard de Nerval
- Les chants de Maldoror de Lautréamont, délectable au delà du dégoût
- des petites merveilles comme Aphrodite de Pierre Louÿs, Olivia d'Olivia (écrit en fait sous ce pseudonyme par Dorothy Strachey) et Les lions sont lâchés de Nicole, petits bonheurs de vacances
Quelques livres sur ma pile :
- Le portrait de Dorian Gray que je lis lentement, goutte à goutte
- Le journal d'Anaïs Nin
- Madame Bovary de Flaubert et En attendant Godot de Beckett, que j'ai dû abandonner en cours de route il y a longtemps
- des incontournables tels que Les confessions de Rousseau (ben oui, ma conscience d'étudiante en Lettres me torture)
- Le Parfum (je n'ai pas vu le film mais je suis intriguée, peut-être à tort, par le bouquin...)
25 juillet 2007
Le clair de lune
A l’auteur de Trilby
A l’heure qui sépare un jour d’un autre jour, quand la cité dort silencieuse, je m ‘éveillai une nuit d’hiver en sursaut, comme si j’avais ouï prononcer mon nom auprès de moi.
Ma chambre était à demi obscure ; la lune, vêtue d’une robe vaporeuse comme une blanche fée, regardait mon sommeil et me souriait à travers les vitraux.
Une ronde nocturne passait dans la rue. Un chien sans asile hurlait dans un carrefour désert, et le grillon chantait dans mon foyer.
Bientôt les bruits s’affaiblirent par degrés. La ronde nocturne s’était éloignée, on avait ouvert une porte au pauvre chien abandonné, et le grillon las de chanter, s’était endormi.
Et moi, à peine sorti d’un rêve, les yeux encore éblouis des merveilles d’un autre monde, tout ce qui m’entourait était un rêve pour moi.
Oh ! Qu’il est doux de s’éveiller, au milieu de la nuit, quand la lune, qui se glisse mystérieusement jusqu’à votre couche, vous éveille avec un mélancolique baiser !
Minuit, 27 janvier 1827.
Poème extrait des Miscellanées d'O.Bogros




















































